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L’éternel dilemme du hockey universitaire féminin québécois

2 weeks ago 10

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L’ajout d’équipes de hockey féminin à l’Université Laval et à l'Université de Sherbrooke permettra à plus de joueuses de poursuivre leur parcours au Québec. Mais cela soulève tout de même certaines inquiétudes dans le milieu.

À compter de l’automne 2026, le Rouge et Or aura une équipe de hockey féminin qui fera partie de la première division du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Elle sera la deuxième équipe francophone après les Carabins de l'Université de Montréal et la cinquième de la ligue avec Bishop's, Concordia et McGill.

C’est une belle nouvelle parce que ça va créer de nouveaux emplois, a reconnu Isabelle Leclaire, entraîneuse-chef des Carabins, à la suite de l'annonce sur le Rouge et Or. Au niveau régional, c’est une super bonne nouvelle puisque Québec est l’une des bonnes régions en hockey féminin.

Avant la saison 2024-2025, les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa et l’Université Carleton ont choisi de quitter le RSEQ, laissant seulement quatre équipes dans la division universitaire. Aux yeux de plusieurs, il était donc devenu urgent d’ajouter des équipes afin que la ligue demeure attrayante. Si la venue du Rouge et Or semblait combler un besoin, l’entraîneuse-chef des Carabins apporte quelques nuances.

Je suis mitigée. C’est comme si c’était un passage obligé parce qu'on est tombé à quatre équipes. Ça peut être moins attrayant pour certaines. Honnêtement, je pensais que ça allait être une catastrophe quand on m’a annoncé que Carleton et Ottawa quittaient, mais finalement, ça n’a pas été si pire que ça. Je pensais que l’exode allait être grand, que ça allait amener une perte d’intérêt, mais on ne l’a pas senti. C’est juste qu’on a joué plus de matchs contre les mêmes équipes.

On dit que c'est pour sécuriser le réseau. Si jamais une équipe devait fermer ses portes, on mettrait en péril notre conférence. Ça, je le comprends. Je pense que c'est la seule raison valable pour partir, pour le moment, un nouveau programme francophone au Québec, a soutenu celle qui travaille avec les Carabins depuis près de 20 ans.

Je pense qu’on n'avait pas le choix d’en ajouter une cinquième. Je pense que ça va faire très mal pendant plusieurs années. Mais après, il faut s’arrêter là. Si on ajoute une sixième équipe, on se prend par la main et on fonce tout droit dans le mur. On va tuer le réseau, avait aussi lancé Isabelle Leclaire, au sujet de l'ajout d'un autre équipe, avant que le projet du Vert & Or se concrétise.

Quelques semaines plus tard, le scénario catastrophe qu'elle évoquait devenait réalité. Mardi, l'Université de Sherbrooke a annoncé que, grâce à l'implication de l'ancien du Canadien de Montréal Serge Savard et à l'homme d'affaires Herbert Black, qui a fait un don de 6 millions de dollars, un programme de hockey féminin et masculin serait créé.

Je suis déçue, a dit Isabelle Leclaire. Je sais qu'il y avait des discussions depuis un certain temps à Sherbrooke. Il y avait des rumeurs, c'est juste que j'espérais que ça ne se produise pas dans un avenir rapproché.

Serge Savard a affirmé que l'ajout d'une équipe masculine viendrait combler un besoin parce que les trois équipes du Québec, McGill, l'UQTR et Concordia, doivent jouer dans l'est de l'Ontario. L'objectif serait que le Québec puisse avoir sa propre association.

Le bassin de joueuses

Le portrait du hockey féminin universitaire est tout autre.

Le bassin a augmenté, mais on est pas encore rendues à avoir 50 joueuses de plus dans notre réseau, a assuré Isabelle Leclaire. C'est impensable. Je suis déçue qu'on n'arrive pas à faire un plan. On a peut-être manqué de temps pour le faire, ce plan. Une autre équipe aurait pu être correcte, mais peut-être dans un délai de cinq ans.

Avec son équipe d'entraîneurs, Leclaire a amorcé un travail exhaustif, mais non scientifique, afin de compiler différentes statistiques. L'objectif était de déterminer concrètement combien de joueuses seraient disponibles pour les cinq équipes, après l'arrivée du Rouge et Or.

En moyenne, 43 joueuses vont provenir de la première division collégiale, qui est le réseau où nous puisons principalement. De ce nombre, on enlève celles qui n’iront pas à l’université parce que, par exemple, elles ont étudié en technique policière. On enlève les joueuses qui vont partir dans la NCAA ou ailleurs au pays, même si c'est plutôt rare. C’est entre 3 et 10 joueuses qui quittent en moyenne. On enlève donc de 10 à 20 % de ces joueuses qui terminent leur parcours collégial annuellement, a-t-elle expliqué.

Il faudrait enlever celles qui ne sont tout simplement pas de calibre pour jouer en D1 et maintenir le niveau dont on a besoin pour être compétitifs et faire de l’excellence. Normalement, on enlèverait aussi ces joueuses qui sont peut-être de calibre, mais qui n’ont pas les habitudes de vie ou les standards. Sur 43, si je suis généreuse, il en reste 30.

Plusieurs intervenants dans les équipes du réseau ont confirmé à Radio-Canada Sports avoir beaucoup de difficulté à recruter suffisamment de joueuses. Le fait d'ajouter deux équipes risque de leur rendre la tâche d'autant plus compliquée. Soudainement, il y aura six équipes de niveau collégial D1 pour combler les besoins de six équipes universitaires.

On a 25 places dans notre vestiaire et on les a toujours comblées, a dit Isabelle Leclaire. Mais cette année, aucune équipe n'était à 25. Nous étions toutes en moyenne à 22 ou à 23 joueuses. McGill a terminé sa saison avec neuf attaquantes. Oui, on pourrait sans doute aller en chercher en D2 du cégep, mais est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut?

Une hockeyeuse se penche, le dos collé sur la bande.

Mélodie Daoust a joué son hockey universitaire à McGill.

Photo : Reuters / David W Cerny

La crainte de perdre davantage de talents au profit des États-Unis est un argument souvent utilisé pour justifier l'ajout d'équipes. Mais cette inquiétude est-elle bien réelle?

Depuis longtemps, la majorité des Canadiennes qui font partie de l’équipe nationale se retrouvent dans la NCAA. Jusqu’à preuve du contraire, il s’agit de la voie privilégiée. La seule hockeyeuse de premier plan à en avoir décidé autrement est Mélodie Daoust, qui a choisi de jouer pour l’Université McGill, alors qu’elle aurait pu porter les couleurs des plus grandes universités américaines.

Le calibre, ce n’est pas la seule raison pourquoi les joueuses quittent, a affirmé Leclaire. Il y a une croyance, à tort ou à raison, que le calibre est plus fort dans la NCAA. Oui, le réseau de compétition est plus attrayant. Quand tu joues contre 7 à 10 équipes, c’est plus intéressant que ce que nous on fait à seulement trois équipes. Mais je ne pense pas que ç’a été un frein dans les dernières années.

Quand tu vas dans la NCAA, c’est probablement une idée que tu as depuis que tu es très jeune et c’est très difficile de te faire changer d'opinion. Une fille qui veut aller dans la NCAA ne vient habituellement même pas nous visiter. Elizabeth Giguère est probablement l’une des seules à l’avoir fait, mais elle est quand même allée aux États-Unis.

L'attrait du RSEQ

Isabelle Leclaire se demande si le pouvoir d’attraction du RSEQ ne sera pas justement diminué en ajoutant des équipes. Si le talent est soudainement dilué, la ligue demeurera-t-elle suffisamment compétitive pour convaincre les joueuses de premier plan de s’y joindre?

Je ne pense pas qu’on doit aller là, sinon ce n’est plus un réseau d’excellence et on ne sera plus compétitifs à l’échelle nationale, a-t-elle soutenu. Comment on peut prétendre que ça va arrêter l’exode si on descend le calibre? Les mathématiques se font assez rapidement.

Sur le plan régional, l’Université Laval réalisera assurément de grands coups. Elle aura dans ses rangs les meilleurs éléments du Cégep de Limoilou, l’un des meilleurs programmes au Québec. L'Université de Sherbrooke sera une destination prisée pour les athlètes francophones de la région, mais risque de se retrouver en compétition avec l'Université Bishop's, elle aussi installée en Estrie. On ne sait cependant pas quand le Vert & Or fera officiellement ses débuts.

Je ne suis pas inquiète pour l’exode à l’étranger, mais il y aura un impact au niveau régional, au niveau francophone, a affirmé Isabelle Leclaire. Demandez à Catherine Dubois (qui a passé cinq ans avec les Carabins) où elle serait allée s’il y avait eu une équipe à Québec. Ça va être un lien direct avec Limoilou comme en ce moment Lennoxville est un lien direct vers Bishop's. Que font les autres pendant ce temps-là?

L'entraîneuse des Carabins assure que là n’est pas sa principale inquiétude. Au-delà de sa propre équipe, de son propre programme, elle s'attache avant tout à la pérennité de la ligue et au développement du hockey féminin universitaire québécois.

Il faut penser pour le bien du sport. Ça fait tellement d’années qu’on travaille pour bâtir un réseau qui a de l’allure. Je ne veux pas qu'on répète les erreurs du passé. On se dit qu’on a besoin d’une équipe de hockey féminin dans certaines régions, mais est-ce qu’on a pensé aux répercussions globalement?

Est-ce qu'on ne devrait pas commencer à mettre des règles pour contrôler le tout? Demain matin, une autre université peut décider d'embarquer. Je trouve ça épeurant de voir où on s'en va, a-t-elle conclu.

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