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Inspiré par Terry Fox, il veut courir d’un bout à l’autre du Canada en moins de 100 jours

3 weeks ago 26

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Courir d’un bout à l’autre du pays, d’un océan à l’autre, comme le dit la devise canadienne. Parcourir entre 75 km et 80 km par jour pour traverser le deuxième pays du monde par la taille, long de presque 7500 km, en moins de 100 jours.

Voilà l’ambitieux défi que s’est donné James Newman, un Ontarien de 22 ans étudiant à l’Université McGill, qui recueille des fonds pour des bourses d'études destinées à des jeunes ayant cheminé dans le système de protection de l’enfance.

Ça va être difficile, mais ça me motive et, oui, je suis prêt à relever ce défi, a-t-il affirmé en entrevue à une dizaine de jours de son périple qui doit débuter lundi.

S’il réussit, il ne sera pas le premier à avoir couru d’un océan à l’autre en moins de 100 jours, mais James Newman affirme que seulement trois personnes ont réussi l’exploit par le passé. Il souhaite devenir le plus jeune à l’accomplir.

Un homme sourit dans un parc.

James Newman a passé les dernières années à Montréal pour étudier à l'Université McGill.

Photo : Radio-Canada / Philippe Granger

Il va sans dire que, pour de nombreux Canadiens, l'idée de traverser ainsi le pays rappelle l’histoire de Terry Fox. En 1980, à 21 ans, ce jeune Manitobain avait entrepris un Marathon de l’espoir malgré sa jambe artificielle (conséquence d'un ostéosarcome), avec l’objectif de collecter des fonds pour la recherche contre le cancer. Il avait dû arrêter sa course dans le nord de l'Ontario.

Sans même qu’on ait à lui mentionner ce nom, James Newman l’admet avec fierté : son aventure et le trajet qu’il compte suivre sont inspirés de Terry Fox, qui est à ses yeux un véritable héros.

Terry Fox en train de courir.

Terry Fox est une inspiration pour de nombreux coureurs, incluant James Newman. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Photo fournie par la Fondation Terry Fox

L’homme originaire d’Oakville, en Ontario, a choisi comme point de départ le même que Terry Fox, Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, et compte terminer là où l’icône canadienne souhaitait finir sa course, Victoria, en Colombie-Britannique. Incidemment, c'est aussi à Victoria que James Newman compte poursuivre ses études.

Si c'est possible, il essaiera de faire un arrêt au monument dédié à Terry Fox à Thunder Bay, en Ontario, là où le célèbre coureur a dû arrêter son parcours.

Autrement, James Newman compte traverser toutes les provinces du pays, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard. S’il sera impossible pour lui de passer par certaines grandes villes – comme Toronto et Montréal –, le coureur passera entre autres par Edmunston, Québec, Lévis, Saint-Jérôme, Ottawa, Sudbury, Winnipeg, Regina, Calgary, Banff, Kamloops et Langley.

Avec ce parcours de 10 millions de pas, l’homme de 22 ans compte utiliser au moins 15 à 20 paires de souliers de course et consommer environ 10 000 calories par jour.

Une cause liée à son histoire personnelle

Si Terry Fox a décidé de courir pour la recherche contre le cancer, James Newman, lui, court plutôt pour la Fondation pour l'aide à l'enfance du Canada (Children's Aid Foundation of Canada).

Depuis quelques décennies, cette organisation vient en aide aux enfants et aux jeunes qui sont dans le système de protection de l’enfance. Et l’Ontarien de 22 ans est loin de l’avoir choisie par hasard.

Quand j'avais 7 ans, j'ai perdu mes parents, explique-t-il. Ça a été très dur par moments. J'ai fini par passer d'une maison à une autre jusqu'à ce que mes grands-parents m'accueillent chez eux et nous élèvent, mes frères et moi.

Trois jeunes hommes.

James Newman (au centre) et ses frères

Photo : James Newman

James Newman se dit désormais hyper reconnaissant envers les personnes qui l'ont aidé quand il était dans le besoin et souhaite rendre la pareille.

À l'époque, je ne me rendais pas toujours compte à quel point on m'aidait. Mais maintenant que je suis adulte, je peux dire que ça a tout changé. [...] C'est pourquoi je veux m'assurer que tout enfant qui traverse une situation similaire pourra bénéficier du même soutien.

Pour le moment, James Newman a pu récolter plus de 40 000 $ sur un objectif de 250 000 $.

D’une certaine façon, le jeune Ontarien considère cette traversée comme un défi parfait, puisque son degré de difficulté illustre l’importance que représente pour lui cette cause.

Cela compte énormément pour moi, insiste-t-il.

Le coureur qui n’aimait pas courir

Aussi absurde que cela puisse paraître, il a été un temps où James Newman détestait courir. Il allait même se cacher durant ses cours d’éducation physique au secondaire lorsque son enseignant faisait courir la classe. De son propre aveu, courir était la pire chose pour lui.

Je pense que beaucoup de gens seront d'accord avec moi pour dire que c'est difficile et que c'est chiant, juge-t-il.

Tout a changé lorsque le jeune a décidé de participer à une course venant en aide aux personnes atteintes du cancer du sein, sa mère ayant déjà souffert de cette maladie.

Je voyais ces survivantes du cancer du sein qui me disaient : "Ce n’est pas aussi dur que ce qu’on a vécu." Et j’ai tout simplement adoré ça. Alors j’ai commencé à faire pareil, sans me plaindre.

J'ai commencé à y prendre plaisir, car quand on fait quelque chose de difficile, on passe le reste de la journée à réaliser qu'il y a des épreuves difficiles que les gens doivent surmonter.

De la même manière, James Newman considère que son parcours d’un océan à l’autre sera un exercice d’humilité, une manière pour lui de mettre les choses en perspective.

Je crois que je commence à comprendre, enfin, que c'est normal de souffrir parfois. C'est la vie.

Un jeune homme assis regarde au loin.

James Newman aime parfois courir au parc Maurice-Richard, dans le quartier Ahuntsic, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Philippe Granger

Cela dit, en vue de cette très longue course, James Newman se montre très serein et estime qu’il n’a rien à perdre.

Beaucoup de gens me demandent si je suis nerveux. Pourquoi devrais-je l'être? C'est moi. C'est moi qui sais à quel point c'est important pour moi. C'est moi qui me suis entraîné pendant plus d'un an pour ça.

L'étudiant en informatique explique qu’il est l'auteur de la logistique de son défi, de la recherche à la collaboration avec un médecin, en passant par le partenariat avec des commanditaires, la mise en place d’une équipe de soutien, la prise de contact avec la fondation, la préparation du VR et l’achat de dizaines de paires de souliers.

Cette course s'accompagne d'une certaine incertitude. Vais-je réussir à la terminer exactement comme je l'espère? Peut-être pas. Peut-être. Tout ce que je sais, c'est que chaque jour, je vais donner le meilleur de moi-même. Et chaque jour, je vais me rappeler pourquoi cela compte tant pour moi.

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