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Comme un disque qui saute

18 hours ago 1

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PITTSBURGH - Ça n’aura pas été bien long avant que les jérémiades de la dernière saison ne refassent surface. Un deuxième match, une deuxième période bâclée, un point perdu, un scénario éculé.

Ou un point gagné, en fait, car, en avance 5-1 un peu avant la fin du deuxième engagement, disons que les Penguins de Pittsburgh, finalement victorieux 6-5 en prolongation, auraient dû tenir le Canadien à distance en trois périodes.

Alors, certes, il y avait de quoi se féliciter d’être venu de l’arrière pour une équipe qui s’en fait décidément une spécialité depuis un an, mais il y avait aussi matière à frustration devant ce deuxième tiers particulièrement pénible.

Juraj Slafkovsky, particulièrement furieux, s’est rangé dans le deuxième camp.

On ne peut pas les laisser marquer, quoi, quatre buts en deuxième. On s’est endormis, ça ne devrait pas arriver. Oui, on a fait du bon travail pour revenir dans le match, mais on ne peut pas se mettre à faire ça encore, toute la saison, comme l’an dernier. C’est de la merde, a laissé tomber le grand Slovaque.

Slafkovsky a évoqué des jeux stupides et a pris le blâme, assurant que ça a commencé avec [lui].

Lane Hutson aussi s’est tapé sur les doigts, rappelant qu’il avait tenté un jeu à faible pourcentage de réussite au lieu de rejeter une rondelle en fond de territoire avec 13 min 50 s à faire en deuxième, a-t-il précisé, point de départ, selon lui, d’une séquence qui a mené au troisième but des Penguins.

Un gardien à genou regarde dans les airs alors que deux adversaires derrière lui célèbrent un but.

Tommy Novak (18) a inscrit deux buts contre le Canadien, dont celui de la victoire en prolongation.

Photo : Associated Press / Gene J. Puskar

Bon prince, l’on a failli lui rappeler que la passe du revers transversale à travers deux zones qu’a tentée Arber Xhekaj depuis le fond de son territoire, évidemment interceptée, n’a pas aidé à la chose, mais ça ne semblait pas être le bon moment.

Il aurait aussi pu être question de Mike Matheson et de Nick Suzuki, complètement hors position dès leur première présence en deuxième période, dégageant ainsi la voie royale devant Declan Carlile, pourtant pas le plus fin des buteurs de la ligue. Ou de Matheson, encore, coupable de revirement à la ligne bleue adverse, qui a offert le quatrième but de la soirée aux hommes en noir et jaune au terme d’une attaque à deux contre un.

En gros, vous aurez saisi l’essence, il manquait autant de cohésion que d’exécution.

Ce sont des erreurs individuelles, surtout en possession de la rondelle. On a été un peu têtus, a lancé Martin St-Louis, recyclant un autre vieux classique.

[La deuxième] est une période, en général, où il faut s’améliorer cette année. Jouer bien plus simple et envoyer des rondelles en fond de territoire, a-t-il ajouté.

Le concept est simple, mais, pour une raison obscure, le CH a particulièrement de la difficulté à l’appliquer. C’est le cas depuis que cette équipe a pris son envol et en est devenue une bonne.

« On se pensait peut-être trop bons »

Nick Suzuki s’est demandé à haute voix si sa bande et lui n’avaient pas péché par orgueil samedi soir. Ils avaient amorcé le match en force, dominant complètement les Penguins pendant une bonne dizaine de minutes, avant de sombrer dans leurs mauvaises habitudes.

Je pense qu’on a été complaisants en deuxième période. On se pensait peut-être trop bons. C’est une bonne leçon, ça ne peut juste pas arriver mardi.

Je pensais qu’on avait déjà appris ça, a-t-il martelé.

Il est effectivement étrange que le Canadien essaie encore d’absorber cette leçon après en avoir parlé aussi souvent, après avoir surmonté tant d’obstacles, après avoir atteint la demi-finale de la Coupe Stanley et avoir pris conscience de la si fine ligne entre la victoire et la défaite.

Cela vient-il de la suffisance et de la témérité qui émanent parfois de la combinaison du talent et de la jeunesse, d’une trop grande confiance en leurs habiletés? Possible. St-Louis, à l’instar de Suzuki, l’a mentionné du bout des lèvres.

En deuxième période, le banc des joueurs est plus éloigné de la zone défensive et complique les changements, particulièrement pour les défenseurs. Struble, Xhekaj et Hutson ont tous été coincés dans leur zone pendant des séquences de près de deux minutes durant ce tiers.

Le fait qu’Alexandre Carrier se soit blessé au début de la période en chutant lourdement sur la glace après un contact avec Egor Chinakhov a compliqué davantage la vie aux arrières, qui devaient déjà prendre les bouchées doubles. Ça devenait d’autant plus important de simplifier le jeu.

Entre la deuxième et la troisième période, l’entraîneur est allé faire son petit tour dans le vestiaire.

On savait ce qu’on faisait de mal. On en parlait. Il n’avait pas grand-chose à nous dire, mais, oui, il a mis l’accent sur certains points, a admis Hutson.

J’ai confiance qu’ils vont gérer ça par eux-mêmes dans le vestiaire, mais on essaie quand même de les diriger dans la bonne direction. Si tes joueurs ne voient pas ça, tu es dans le trouble, sauf que ce n’est pas le cas. On n’était pas nous-mêmes en deuxième. C’est important de franchir une étape dans cette période cette année, a dit l’entraîneur.

St-Louis répète à qui veut l’entendre depuis le début du camp d’entraînement que la prochaine étape dans l’évolution de son groupe est de s’appliquer à l’exécution des détails, ces petites choses bien faites qui transforment une bonne formation en grande équipe.

Il appert qu’il devra encore se concentrer sur le jeu d’ensemble. Et répéter la même chanson. Encore et encore.

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