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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ quand le bout du tunnel? Écrasé comme jamais par la canicule, et contraint pour la première fois de raccourcir une étape du fait de la chaleur, le Tour de France devra a priori attendre la 13e étape, vendredi, pour respirer enfin un air sensiblement plus frais.
Jamais la température n'est descendue sous 30 degrés Celsius depuis le grand départ de Barcelone, le 4 juillet, frôlant même fréquemment les 40 degrés, comme lors de la neuvième étape courue dimanche, en Corrèze, et raccourcie de 30 kilomètres en raison de la vigilance rouge canicule dans ce département.
Les coureurs affrontent la fournaise avec impassibilité, assistés, il est vrai, par une machine logistique impressionnante comprenant des tonnes de glace et même des matelas réfrigérants.
D'ailleurs, le peloton est fatigué et attendait impatiemment la journée de repos, lundi dans le Cantal, comme un chamelier guette l'oasis dans le désert.
Après 9 étapes, 8 coureurs sur 176 ont abandonné ou ont fini hors délais, un record à ce stade de la compétition depuis 2022, où ils étaient 11 à avoir mis la flèche, en partie à cause de la COVID-19.
Et pour la suite? Après la journée de repos de lundi, les coureurs n'en auront pas fini avec les fortes chaleurs, puisque 34 degrés sont prévus par Météo-France au moment du départ d'Aurillac, mardi midi.
Dans les monts du Cantal, seule l'altitude offrira quelques degrés en moins vers Le Lioran (30 degrés), à 1240 mètres. À la différence de plusieurs départements voisins, le Cantal ne sera pas placé, mardi, en vigilance rouge, mais en orange.
L'épisode caniculaire devant prendre fin lentement par l'ouest, selon Météo-France, les 11e et 12e étapes, respectivement vers Nevers et Chalon-sur-Saône, resteront très chaudes (jusqu'à 35 degrés), sauf en cas d'orages.
Durant ces deux jours, le ressenti sera très lourd et, avec l'air très chaud, les pluies, localisées, pourraient être de forte intensité, sur un court laps de temps.
C'est vraiment l'orage de chaleur, indique à l'AFP Cyrille Duchesne, chef du service prévisions de Meteo Consult. Mais ce sont ces orages-là qui vont finir par faire baisser les températures, souligne-t-il.
La délivrance devrait ainsi intervenir le lendemain, vendredi, entre Dôle et Belfort, avec une température maximale attendue qui fait rêver : 26 degrés.
Pogacar, l'autre assommoir
Il n'y a pas que la chaleur qui assomme le peloton.
Double vainqueur aux Angles et à Gavarnie-Gèdre, le Slovène Tadej Pogacar a tapé fort sur la tête de ses rivaux pour creuser un gouffre inédit après 9 étapes, avec 2 min 42 s d'avance sur son habituel dauphin Jonas Vingegaard.
Jusque-là, tout va bien. Hormis la chaleur, c'est un de mes Tours les plus plaisants, note le quadruple vainqueur, en lice pour égaler le record d'Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain.

Tadej Pogacar pendant sa descente du col du Tourmalet
Photo : Getty Images / AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Plus que jamais, il apparaît intouchable, sans faille, à l'abri de toute défaillance, comme celle de 2022 dans le col du Granon.
J'ai bien sûr progressé depuis, je suis plus mûr. Mais le plus grand changement est la manière dont l'équipe s'est améliorée pour ce qui est de la nutrition et de l'hydratation. Ce Tour est une fournaise et la température de mon corps est moins élevée qu'en 2022, a expliqué le double champion du monde, vendredi, à Bordeaux.
L'impression de facilité dégagée n'en réveille pas moins les inévitables doutes qui l'accompagnent depuis le début de sa carrière, sans qu'aucun élément concret ne permette de remettre en cause sa probité.
Pour beaucoup, le match est déjà joué, même s'il reste encore le plus gros de la montagne, dès mardi, dans les monts du Cantal, les Vosges, et ensuite les Alpes à partir de dimanche.
Il peut se passer plein de choses encore, dit Mauro Giannetti, gérant de la formation UAE du Slovène. Mais c'est vrai que c'est une très belle première semaine pour l'équipe dans son ensemble qui a également gagné avec Isaac del Toro dès le deuxième jour, à Barcelone.
La domination de Pogi est exacerbée par la puissance de ses hommes, qui roulent à l'avant comme s'ils ne pouvaient pas s'en empêcher, sans que la concurrence comprenne trop pourquoi, alors que les dirigeants d'UAE se perdent eux-mêmes dans des explications contradictoires.
L'intérêt se déporte donc principalement sur la lutte pour le podium. Pas loin derrière Vingegaard, ils sont 5 à se tenir en 33 secondes – dans l'ordre Del Toro, Remco Evenepoel, Juan Ayuso, Paul Seixas et Florian Lipowitz – et tous visent le podium.
Y compris Seixas, même s'il va, comme le résume son directeur sportif Julien Jurdie, découvrir un nouveau monde puisque le phénomène de 19 ans n'avait encore jamais dépassé les huit jours de course.
Jusque-là, le jeune Français, très protégé des médias et du public par son équipe Decathlon CMA CGM, tient son rang en montagne, passant le Tourmalet en 3e position, derrière Pogacar et Vingegaard.
Alors qu'il a formulé comme seul objectif le meilleur classement général possible, un top 10 est, sauf accident, en très bonne voie. Il a 5:35 d'avance sur le 11e, Tobias Johannessen, et il peut rêver plus haut.
La bataille s'annonce passionnante face à Vingegaard, qui dit ne pas avoir abdiqué, le duo de Red Bull Evenepoel-Lipowitz, qui a déjà commencé à se chamailler, Ayuso, qui ne fait pas de bruit, mais répond présent, et surtout Del Toro, l'autre prodige, que Pogacar pourrait bien avoir envie d'aider tellement le Slovène se promène dans cette 113e édition.


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