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Le Stade olympique, le projet d’une vie pour Annie Larouche

9 hours ago 2

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Depuis le début de son parcours professionnel, Annie Larouche a brisé des plafonds de verre et a bâti plusieurs projets d'envergure. En devenant directrice du Stade olympique, elle obtient son mandat de rêve, mais fait aussi face au plus gros défi de sa carrière.

Au cours des 30 dernières années, Annie Larouche a gravi les échelons dans le monde du sport professionnel. Elle a passé 25 ans dans le giron des Alouettes de Montréal, en premier comme meneuse de claque et ensuite dans différents postes de gestion.

Puis, sa progression a été fulgurante. D'abord nommée vice-présidente des opérations pour l'Alliance de Montréal dans la Ligue élite canadienne de basketball (LECB), elle a été promue présidente de l'équipe deux ans plus tard. Elle pensait occuper ce nouveau rôle pendant plusieurs années, mais elle a ensuite été contactée par les propriétaires des Roses de Montréal, dans la Super Ligue du Nord (SLN). On lui demandait de mettre sur pied une équipe professionnelle de soccer féminin. C'était un projet emballant, qui concordait entièrement avec ses plus grandes valeurs.

C'était un chemin logique dans ma carrière. Ma famille me rappelait que j'avais tellement poussé pour la place des femmes dans le sport, qu'il fallait que je fasse le saut. Ç'a été un immense privilège, un beau cadeau, mais j'ai toujours su que je ne resterais pas 10 ans, explique-t-elle en entrevue à Radio-Canada Sports.

Ce n'était pas la première fois que je partais une équipe, mais c'était un autre contexte. C'était les débuts de la ligue. C'était un gros défi, très formateur, mais je savais que ce mandat aurait une fin.

Elle a donc amorcé sa réflexion à la fin de la saison dernière. Et, au mois de mars dernier, elle a annoncé à Isabèle Chevalier et à Jean-François Crevier, les propriétaires des Roses, que le temps était venu de penser à une période de transition.

Quatre personnes posent aux côtés du logo des Roses FC de Montréal.

La directrice sportive des Roses FC de Montréal, Marinette Pichon, l'ancienne présidente Annie Larouche, ainsi que les copropriétaires Isabèle Chevalier et Jean-François Crevier

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Je leur ai dit que j'allais commencer la saison, mais que je ne la finirais pas. Je n'avais pas de date butoir. Il n'y a pas eu de chicane ou de claquage de porte. Ça s'est fait sur plusieurs mois. C'est important pour moi de bien faire les choses. Je voulais que cette équipe-là soit autonome. Je voulais me rendre utile. C'était le bon moment, assure-t-elle.

Annie Larouche a donc officiellement quitté son poste au début du mois de juin. Lorsqu'elle a parlé de ses intentions en mars, elle n'avait aucune idée de son prochain défi. Elle n'avait pas de plan.

Personne n'était au courant de mes intentions à part mon conjoint, Isabèle et Jean-François. Puis, par pure coïncidence, 10 jours après notre discussion, François Dumontier m'a contactée pour qu'on aille prendre un café. C'était quoi les chances?, raconte-t-elle.

L'ancien patron du Grand Prix de F1 du Canada est depuis 2025 le vice-président, stratégies et exploitation commerciale pour le Parc olympique.

Si le projet du remplacement du toit était déjà en cours, le fait que Québec ait donné le feu vert pour la modernisation de l'intérieur de l'enceinte est venu faire exploser l'ampleur de la mission. Il fallait un capitaine pour piloter le navire et Dumontier voulait que ce soit Annie Larouche qui prenne les rênes.

C'était flatteur. J'essayais de ne pas trop réagir quand il me parlait du projet. Je lui ai dit que j'allais réfléchir et lui revenir. Mais dès que je suis arrivée chez moi, c'était clair : c'était ça que je voulais. Ce projet vient cocher toutes les cases, note-t-elle.

J'ai tellement de souvenirs au Stade olympique. Que ce soit pour les Expos, ou avec les Alouettes alors que nos bureaux étaient ici. On a fait la Coupe Grey avec 68 000 personnes en 2008. Le Stade, c'est Michael Jackson, les Rolling Stones, le pape Jean-Paul II, etc. Je l'aime vraiment, le Stade, ajoute-t-elle.

Elle a l'impression que ce défi immense est taillé sur mesure pour elle. Comme si c'était le point culminant dans sa carrière, le résultat de tout le travail accompli et des embûches surmontées.

Les infrastructures, ç'a souvent été mon calvaire dans ma vie professionnelle. Un stade qui a besoin d'amour, je connais ça. Que ce soit à McGill avec les Alouettes, à l'Auditorium de Verdun pendant la pandémie, ou construire un stade avec les Roses. Il y a eu beaucoup de malchance, mais ce calvaire est devenu mon expertise. Avec ce projet, je me sens sur mon X.

Évidemment, on est très loin ici du Stade Boréale. Le chantier est immense, la tâche à accomplir, titanesque. Annie Larouche gère depuis deux mois une centaine d'employés, une équipe qui sera appelée à grandir au cours des prochains mois.

Si la directrice a une vision et des rêves, pas question pour autant de venir chambouler le travail accompli avant son arrivée.

J'ai des employés qui sont ici depuis plus de 30 ans. Ce n'est pas vrai que je vais partir de mon bord et prendre une décision toute seule. Je veux savoir comment ils ont vécu les dernières décennies. Je veux savoir s'ils pensent qu'on s'en va dans la bonne direction, indique-t-elle.

Je travaille toujours avec passion. Pour moi, la hiérarchie, c'est en fonction de l'imputabilité. Ça prend quelqu'un qui est imputable, en bout de ligne, si ça fonctionne ou pas. Surtout si ça ne fonctionne pas. Je travaille vraiment en équipe. Je veux que tout le monde soit impliqué dans le projet. Je leur dis souvent que je suis leur porte-parole.

Entre-temps, les travaux visant le toit du Stade se poursuivent. Le chantier de 870 millions de dollars prévoit le remplacement de l'immense toile de 27 000 mètres carrés et de l'anneau technique. Annie Larouche affirme qu'il n'y a pas de dépassement de coûts pour le toit et que l'échéancier tient toujours.

Le fameux toit est construit et la structure doit être montée en décembre. La cible pour la réouverture de l'enceinte est toujours prévue pour 2028.

En juillet dernier, il a été confirmé que l'intérieur du Stade olympique serait aussi modernisé. Il est cependant impossible de connaître les coûts liés à ces travaux pour le moment. Rappelons que des élections provinciales auront lieu le 5 octobre

Rien ne sera laissé au hasard. On prévoit notamment la réfection des gradins, l'aménagement de loges et d'espaces de luxe, l'amélioration des toilettes et des concessions alimentaires.

Il y a énormément de travail qui se fait en coulisses. C'est immense comme projet. Ce n'est pas juste de changer les bancs du niveau inférieur. La configuration va changer. Tout sera revu. Le son, l'acoustique. Tout sera pensé en fonction de l'expérience client, explique-t-elle.

Annie Larouche a confirmé que des négociations étaient toujours en cours avec le CF Montréal et la MLS concernant la possibilité que l'équipe s'installe au Stade olympique, puisque la Major League Soccer adoptera, dès la saison prochaine, un calendrier hivernal.

Outre les événements sportifs, l'objectif est que la métropole devienne une destination de choix pour certains des plus grands artistes sur la planète. Annie Larouche veut en faire un stade multifonctionnel pour accueillir le sport professionnel, des équipes en résidence, des tournois d'envergure, des concerts, des salons, etc.

Les grosses tournées de Taylor Swift, de Harry Styles ou de Bad Bunny, on aimerait bien ça de les recevoir un jour, lance-t-elle.

Que ce soit avec les Alouettes, l'Alliance ou les Roses, Annie Larouche a surtout reçu des éloges quant à son travail. Elle est bien consciente que la situation pourrait être toute autre dans son nouveau poste, car le Stade olympique a souvent été ciblé de critiques du public au cours des dernières décennies.

C'est dommage parce que je me demande si on a tous eu les mêmes expériences ici... Est-ce que c'était parfait? Bien sûr que non. Il a été construit pour les Jeux olympiques à la base. J'ai commencé comme cheerleader. Les commentaires négatifs, je connais ça. Mais tu sais ce que je disais : "Viens voir un match et on en reparlera."

On veut que les gens aient une expérience de fou dès le moment où ils vont mettre les pieds ici. Les gens vont être agréablement surpris, mais je sais qu'il faut le voir pour le croire. Attendez et on se reparle dans deux ou trois ans.

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