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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayÀ seulement 26 jours du début de la saison de la LNH — signe que les négociations ont été difficiles — on a appris jeudi que la grille de télédiffusion des matchs du Canadien avait enfin été complétée. Premiers constats : ça commence à être cher — et politiquement compliqué — d’être un amateur de hockey.
À la fin du mois de mars, une source bien au fait du dossier estimait déjà qu’il se faisait tard pour confirmer ou non le statut de TVA Sports à titre de télédiffuseur des matchs du Canadien. Il aura finalement fallu cinq mois de tiraillements supplémentaires pour parvenir à une entente.
Rogers Communications et Québecor ont ainsi annoncé la conclusion d’un contrat de sous-licence de 12 ans. En vertu de cette entente, TVA Sports diffusera chaque saison 32 matchs du Canadien pendant le calendrier ainsi que les matchs des séries éliminatoires. Soulignons ici que le communiqué stipulait que la plate-forme illico+ s’ajoutera à l’écosystème de diffusion de Québecor. Ça laisse présager qu’il ne suffira plus d’être abonné à TVA Sports pour visionner certains matchs.
Au bout du compte, pour les partisans du Canadien, le portrait ressemblera dorénavant à ceci :
- RDS diffusera 45 matchs de saison et quatre matchs préparatoires;
- TVA Sports se chargera de 32 matchs de saison et des séries éliminatoires;
- Et Amazon diffusera 7 matchs de calendrier, toujours le mercredi.
Amazon, en passant, a acquis en sous-silence les matchs de la LNH — en anglais et en français — diffusés au Canada les mercredis soir. Au cours des deux dernières saisons, Amazon s’était trempé les orteils dans le monde du hockey en diffusant des matchs du lundi soir. À cette nouvelle entente s’ajoutent aussi certaines séries éliminatoires de premier et deuxième tours.
Hockey Night in Canada ayant disparu des ondes de la CBC, la prochaine saison sera la première au cours de laquelle il sera impossible de regarder des matchs de la LNH sur les ondes d’une télé généraliste au Canada. Comme je l’écrivais en juin dernier, cette cupidité des dirigeants de la LNH risque à long terme d’avoir des effets néfastes sur la popularité de leur sport.

CBC a présenté Hockey Night in Canada pour la première en 1952.
Photo : CBC
Il est difficile de déterminer avec exactitude les coûts d’abonnement à des chaînes comme RDS et TVA Sports sur le câble parce que les câblodistributeurs les enfouissent dans des forfaits qui nécessitent l’achat d’autres services. Cependant, pour s’abonner à l’une de ces chaînes en diffusion en continu (streaming), il en coûte entre 206 $ et 230 $ annuellement, en incluant les taxes.
Cela dit, les partisans du Canadien qui ne sont pas des clients d’Amazon Prime et qui tiendront à voir tous les matchs de l’équipe devront désormais débourser 11,49 $ par mois (taxes incluses), soit près de 138 $ de plus annuellement. À une époque où le coût de la vie augmente et où de plus en plus de familles doivent utiliser une calculatrice pour faire l’épicerie, il ne s’agit pas d’une mince augmentation.
Fondée par Jeff Bezos, un partisan de Donald Trump, Amazon s’immisce donc dans la relation passionnée et historique que les Québécois entretiennent avec leur équipe de hockey. Et le géant américain enfonce sa paille encore plus profondément dans le sport national du Canada à une époque où les relations commerciales canado-américaines sont extrêmement tendues.

Le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Alexander Tamargo
La nouvelle réalité de la LNH ne force donc pas seulement les amateurs de hockey canadiens à faire des choix économiques. Elle les force aussi à réfléchir quant à leur niveau de patriotisme.
Il y a environ un an et demi, Amazon a fermé les sept entrepôts qu’il opérait au Québec. Cette décision, qui a eu pour effet de faire disparaître 1700 emplois directs, a été prise pour mettre fin à une campagne de syndicalisation que menaient les employés.
Ce mépris des lois du travail québécoises a grandement nui à la réputation d’Amazon et lui a probablement coûté de nombreux clients au Québec. Si on ajoute à cette équation les salves tarifaires et les injures que l’administration Trump continue de lancer, les partisans du CH se retrouvent face à un intéressant dilemme.
Au Canada anglais, où le patriotisme économique est aussi très fort par les temps qui courent, les amateurs de hockey sont aussi sur le qui-vive. En plus de faire face au même dilemme que les Québécois, les partisans des autres équipes canadiennes de la LNH sont déchirés à l’idée de voir leurs commentateurs favoris déserter les réseaux canadiens au profit d'un géant américain.
Le Toronto Sun révélait jeudi que les contrats des deux plus grandes vedettes du réseau Sportsnet, le journaliste Elliotte Friedman et le paneliste Kevin Bieksa, étaient venus à échéance à la fin du mois d’août. Et des rumeurs de plus en plus persistantes veulent que Friedman et Bieksa soient sur le point de faire le saut chez Amazon — à fort prix — pour assurer la qualité de la programmation des matchs du mercredi soir.
De très gros changements se préparent actuellement à Sportsnet, qui est le détenteur principal des droits de télédiffusion de la LNH au Canada. Au milieu de l’été, le paneliste et analyste Kelly Hrudey a notamment annoncé que son contrat n’avait pas été renouvelé après 28 ans passés au sein de l’équipe d’experts de Hockey Night in Canada. Des rumeurs de plus en plus persistantes indiquent par ailleurs que la paneliste Jennifer Botterill ne sera pas de retour non plus lors de la télédiffusion des matchs du samedi soir sur ce réseau.
En d’autres mots, la première équipe de commentateurs de l’émission la plus regardée au pays risque de disparaître au grand complet.
La saison 2026-2027 n’est pas encore commencée qu’elle s’annonce déjà étrange à plusieurs points de vue. Chose certaine, il sera notamment intéressant de voir combien de nouveaux abonnés Amazon Prime parviendra à récolter au Canada en raison de sa présence plus soutenue dans le monde du hockey.


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