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Florence Brunelle, l’artiste du courte piste

10 hours ago 3

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Et si le patinage de vitesse sur courte piste était un art autant qu’un sport? C’est la piste de réflexion que propose la Québécoise Florence Brunelle.

J'aime dire que je suis une artiste et j'aime m'exprimer au travers de cet art qu'est le patinage de vitesse, a-t-elle lancé au terme de la deuxième journée des Championnats canadiens, à l’aréna Maurice-Richard.

Comme chaque artiste, un athlète à ses bons et ses moins bons jours. Ce vendredi, Brunelle a livré une partition de maestro pour s’imposer dans les deux épreuves du jour, le 1000 m et le 1500 m.

J'aime ça quand je trouve que mon patinage est beau. Aujourd'hui, j'ai trouvé que mon patinage était beau, a-t-elle relevé.

Malgré la présence de Courtney Sarault, quadruple médaillée aux derniers olympiques, il n’est peut-être pas si surprenant de voir Brunelle surpasser ses paires. L’athlète de 22 ans commence tranquillement à arriver à maturité, autant sur le plan sportif que personnel.

Ses exploits sur la glace en témoignent aussi bien que ses mots, qui semblent toujours pesés et, d’une certaine façon, philosophes.

Brunelle a été lancée dans la gueule du loup dès 18 ans, aux Jeux olympiques de Pékin. Il s’agissait de la plus jeune Canadienne de l’histoire à prendre part à cette compétition en courte piste, ce qui n’est pas rien considérant le talent historique du pays dans cette discipline.

Cette année, à Milan-Cortina, Brunelle a obtenu ses premières médailles olympiques, l’argent au relais mixte et le bronze au relais féminin.

Un de mes plus beaux souvenirs aux Jeux, c'était de réaliser que même avec une médaille ou pas, je ne sentais pas que la personne que j'étais avait changé. Je pense que c'est le plus gros bagage que j'ai tiré des Jeux.

Encore jeune, Brunelle ne pense pas avoir encore atteint son pic de performance. J'ai l'impression que, dans les quatre prochaines années, je pourrais m'améliorer d'année en année. Je me suis beaucoup améliorée physiquement cet été, note-t-elle.

En plus de l’aspect physique, le côté mental joue aussi un rôle très important. Heureusement, Brunelle assure être bien mentalement, notamment grâce à un été où elle a su trouver l'équilibre entre sa vie d’athlète et sa vie personnelle.

J'ai très hâte de voir dans les prochaines années où je vais me rendre, parce que je me sens beaucoup plus constante à l'entraînement. Le mode de vie d'athlète me plaît, je suis bien dedans [...]  Aujourd'hui, la manière dont j'ai patiné, c'est ce que je vise pour tout le reste de la saison, résume-t-elle.

Roussel dominant

Trois victoires en quatre courses : voilà un bilan qui a de quoi donner confiance. C’est en tout cas le palmarès de Félix Roussel, qui est déjà assuré d’être champion canadien. Pourtant, c’est à peine si un sourire se dessine sur ses lèvres lorsqu'il est félicité pour cet accomplissement.

Ça n’a jamais vraiment été mon objectif. On est tellement bons au Canada; pourquoi viser d'être champion canadien quand tu peux viser d'être champion du monde? On est une équipe remplie de champions du monde. C'est cool, mais ce n'était pas mon objectif, insiste-t-il.

Néanmoins, Roussel ne peut s’empêcher d’être étonné d’un tel succès. Je ne m'attendais pas à être aussi bon. Je ne suis pas surpris de me classer [dans l’équipe nationale], mais je le suis de la façon, avec trois médailles d'or au début.

Des hommes patinent.

Félix Roussel s'est imposé depuis le début des Championnats canadiens.

Photo : Patinage de vitesse Canada / Antoine Saito

Vendredi après-midi, ce n’est qu’une bataille acharnée avec William Dandjinou qui l’a empêché de monter sur la plus haute marche du podium pour une quatrième fois de suite.

Comme d’autres de ses collègues, Roussel a profité de la période post-olympique pour décompresser un peu. Je n’ai pas fait tous les sacrifices pour être au meilleur de ma forme. Je suis surpris d’avoir moins perdu de terrain que je pensais.

À 25 ans, Roussel a un rôle hybride au sein de l'équipe canadienne en tant que jeune vétéran. Il reconnaît ne pas avoir l’expérience de Steven Dubois, de quatre ans son aîné, mais il n’est plus le petit nouveau pour autant. Sa médaille d’argent empochée au relais mixte à Milan-Cortina ne peut certainement pas nuire à lui donner un petit extra de confiance.

Son regard se tourne maintenant vers les compétitions internationales, où il se mesurera de nouveau aux meilleurs patineurs du globe. Cette année, le premier arrêt est à Vancouver, du 23 au 25 octobre. La fin de semaine suivante, l’élite du courte piste débarquera à Montréal.

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