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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa Néerlandaise Demi Vollering a remporté la course en ligne élite féminine des Championnats du monde de cyclisme sur route, samedi, à Montréal.
Vollering a battu au sprint la Polonaise Kasia Niewiadoma-Phinney au bout d'une course spectaculaire. L’Italienne Elisa Longo Borghini a complété le podium, exactement identique à celui du Tour de France.
Je n'arrive pas à le croire, a affirmé, les larmes aux yeux, la gagnante en entrevue au micro de l'Union cycliste internationale après la course. Pour y arriver, j'ai pu compter sur une équipe incroyable, qui s'est sacrifiée pour moi. Elles ont assuré, du début à la fin. Je ne serais pas championne du monde sans elles.
C’est probablement la plus grande victoire de ma carrière, surtout parce que c’est si difficile de gagner les Championnats du monde. Vous le faites avec vos coéquipières, qui normalement sont vos rivales. C’est difficile de faire fonctionner une équipe comme la nôtre l’a fait aujourd’hui. Je les remercie pour leur travail acharné.

Demi Vollering succède à Magdeleine Vallières Mill et portera le maillot arc-en-ciel pour les 365 prochains jours.
Photo : AFP / ANDREJ IVANOV
Vollering a pleinement mérité ce titre. C’est elle qui a fait exploser la course, à moins de 40 kilomètres de l’arrivée. Elle a été reprise par Longo Borghini et Niewiadoma, puis, après un jeu de chat et de souris sur les deux derniers tours du circuit autour du mont Royal, la Néerlandaise n’était accompagnée que par la Polonaise au pied du faux plat montant de Parc.
Avec Longo Borghini et la Suisse Marlen Reusser en embuscade, Niewiadoma a lancé un sprint dans les derniers hectomètres, mais Vollering, sûre de ses moyens, a répliqué pour soulever les bras au fil d’arrivée.

De gauche à droite : la Polonaise Kasia Niewiadoma, 2e, la Néerlandaise Demi Vollering, championne du monde, et l’Italienne Elisa Longo Borghini, 3e, posent sur le podium.
Photo : AFP / ANDREJ IVANOV
Cette fin de course spectaculaire aura servi de baume au public canadien, nombreux et bruyant, mais profondément déçu de l’abandon de la championne en titre, Magdeleine Vallières Mill.
La Sherbrookoise de 25 ans a été emportée dans un carambolage au premier tour du circuit, dans la portion descendante entre Pagnuello et Camillien-Houde. Elles étaient une quinzaine au sol, et Vallières Mill est restée étendue au sol de longues minutes.

La Canadienne Magdeleine Vallières Mill, blessée, salue la foule avec le sourire malgré sa chute.
Photo : Radio-Canada / Kilian Beauchesne
Adèle Normand l’a rejointe et a bien tenté de l’aider à remonter dans le peloton, mais les commissaires de course ont jugé bon de mettre fin à l’effort.
J'étais derrière l'accident, je me suis arrêtée, j'ai cherché rapidement pour voir qui était au sol, quand j'ai vu que c'était Magdeleine, je l'ai attendue, on a bien essayé de rejoindre le peloton, mais ce n'était pas possible, a dit Normand.
Cyclisme Canada n’a pas précisé l’étendue des blessures, mais on a vu Vallières Mill avec de lourdes ecchymoses, son cuissard déchiré sur la cuisse droite. Elle ne s’est pas adressée aux médias après sa course.
La Sherbrookoise a été transportée à l’hôpital par mesure de précaution afin d’évaluer ses blessures au côté droit, peut-on lire dans la mise à jour médicale envoyée par la fédération nationale. Elle est actuellement de bonne humeur et prise en charge par le médecin de l’équipe, le Dr Philippe Gariépy, ainsi que par le personnel hospitalier. Elle subit des radiographies et des tomodensitométries de routine.
Je suis persuadé que Magdeleine aurait voulu continuer, mais, vu les circonstances, les commissaires l’ont empêchée de finir, a mentionné Sébastien Travers, chef de la haute performance sportive à Cyclisme Canada, au micro de Radio-Canada Sports pendant la course. Elle est résiliente, je suis certain que son retour au sport sera rapide et efficace.
Le meilleur résultat canadien du jour est celui de Sarah van Dam. La coureuse de Victoria a terminé en 17e place. Nadia Gontova a pris le 41e rang. Alison Jackson, Olivia Baril, Adèle Normand et Vallières Mill ont été contraintes à l'abandon, tout comme Maggie Coles-Lyster.
Une carte de visite exceptionnelle

Kasia Niewiadoma-Phinney, Demi Vollering et Elisa Longo Borghini ont terminé dans le même ordre à Montréal qu'au Tour de France 2026.
Photo : Radio-Canada / Kilian Beauchesne
Ainsi, le podium du dernier Tour de France Femmes s’est retrouvé, dans le même ordre, à Montréal. Une course que les commentateurs mondiaux anglophones ont qualifiée de blockbuster, une carte de visite simplement spectaculaire pour le cyclisme féminin.
Demi Vollering a expliqué que sa victoire tient, en partie, au fait qu’elle se connaît mieux que jamais. Grâce à cela, elle est plus capable de demander aux autres ce dont elle a besoin.
Ce qui nous amène à cette vérité paradoxale, mais fondamentale du cyclisme : c’est un sport qui se pratique en équipe, mais qui se gagne en solo. Ça prend du cran d’être dans une équipe et de se dire "Okay, j’ai ces filles hollandaises qui sont toutes très fortes, elles vont toutes se sacrifier pour moi, et après, je dois finir le travail".
Et après, c’est possible que ça ne marche pas! Aujourd’hui, je suis capable de faire ce genre de demandes, mais aussi d’être calme dans la course, et de savoir que si jamais ça ne marche pas, ce n’est pas la fin du monde non plus.
Kasia Niewiadoma-Phinney aurait été en droit de penser que de finir si près du but serait la fin du monde – d’autant plus que la Polonaise a aussi terminé deuxième derrière Vollering au Tour de France cet été.
Pourtant, la grande coureuse de l’équipe Canyon-SRAM était très sereine lorsqu’elle s’est installée à côté de Vollering. Elle lui a même fait un clin d’œil avant de s’asseoir. Rivalité et animosité ne sont pas synonymes.
C’était une des courses les plus difficiles que nous n’avons jamais faites, a dit Niewiadoma-Phinney. Rien qu’un tour ici, c’est très difficile! Il y avait toutes sortes de scénarios à tout moment de la course, ça a été une super belle journée, je suis fière d’avoir pu offrir une si belle vitrine pour la course cycliste féminine.
À la fin, vos plus grandes rivales sont aussi vos plus grandes sources de motivation. Quand Kasia me pourchasse, ça me motive à m’entraîner davantage, a reconnu Vollering. Je crois que nous rehaussons tous ensemble notre niveau. Je crois aussi que nous avons montré une course incroyable aujourd’hui, je crois que cette rivalité a donné de belles courses cette saison. Je suis fière de mon rôle là-dedans.
Comptez Niewiadoma, dont le mari, Taylor Phinney, est un ancien cycliste professionnel américain, parmi les partisans d’une place plus grande pour le sport en Amérique du Nord. J’adore venir ici, le voyage, le décalage horaire, ça vous force un peu à faire le vide, laisser les tracas à la maison. Je crois que ça serait génial d’avoir une course à Montréal, ou à Philadelphie, ou de ramener des courses en Californie ou au Colorado, par exemple.
Demain, ce sera au tour des messieurs de s'élancer sur le parcours qui commencera à Brossard pour une centaine de kilomètres en Montérégie, avant d'attaquer le mont Royal à 12 reprises.
En l'absence de Tadej Pogacar, la course est très ouverte, avec une dizaine de prétendants sérieux, dont les Belges Remco Evenepoel et Wout van Aert, le Mexicain Isaac del Toro et le Néerlandais Mathieu van der Poel.


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