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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayHOUSTON - Est-ce que le Canada aurait pu prolonger son rêve à la Coupe du monde de soccer? Pendant que Houston démonte ses installations après avoir présenté son dernier match de la Coupe du monde, l’heure est au bilan de l’équipe canadienne et de l’avenir de ce sport au pays.
S’ils avaient joué aussi bien dans la 2e portion du match contre le Maroc, les hommes de Jesse Marsch pouvaient peut-être créer une grande surprise. Après la première victoire de son histoire dans ce tournoi (contre le Qatar), la présence en huitièmes de finale revêtait déjà un caractère inespéré.
Le Canada a-t-il manqué de jambes? Ou est-ce le Maroc, qui est sorti de sa torpeur dès la 50e minute et qui a commencé à collectionner les buts comme on cueille les pêches mûres dans les campagnes de Houston?
Viser le sommet
Quelle est la recette pour percer le top 30 mondial?
Les Lions de l’Atlas, entrés dans la Coupe du monde de 2022 au 22e rang, occupent actuellement le 6e échelon. Sans doute le fruit de l’Académie du roi Mohammed VI, ouverte en 2010 pour repérer et former la prochaine génération de joueurs… comme Azzedine Ounahi, auteur de deux buts contre le Canada. L’objectif? Faire du Maroc une grande nation de soccer et servir du sport pour augmenter la notoriété du pays à travers le monde. Et avec la prochaine Coupe du monde qui sera coorganisée par ce pays, on peut penser que ce n’est que le début.
Est-ce que le Centre national d'entraînement rêvé par Canada Soccer peut rivaliser avec un tel institut et profiter du même soutien financier au-delà de sa construction? Si la création de la MLS en 1996 était une promesse à l’attribution de la Coupe du monde aux États-Unis en 1994, est-ce que ce legs souhaité pour le soccer d'ici portera ses fruits? Est-ce que les jeunes Canadiens seront assez inspirés par le but victorieux de Stephen Eustaquio contre l’Afrique du Sud pour se mettre davantage à rêver de gagner leur vie en poussant un ballon rond, plutôt que de gagner la Coupe Stanley?

L'annonce de l'aide financière d'Ottawa à la construction d'un Centre national d'entraînement pour le soccer canadien a eu lieu en mai dernier.
Photo : Radio-Canada / Anaïs Elboujdaïni
Le Canada a fait beaucoup de chemin depuis 2012. Le pays s’était écrasé 8-1 contre le Honduras et avait vu sa route vers le Mondial être stoppée net, frette, sec. Les Rouges croupissaient au 122e rang mondial au classement de la FIFA. La mise sur pied des académies des clubs MLS à Toronto, Montréal et Vancouver, la création de la Première ligue canadienne en 2019 et une certaine professionnalisation de la structure autour de l’équipe nationale sont à l’origine de la progression canadienne au classement mondial.
Jesse Marsch, dont le contrat arrivera à échéance au printemps 2030, sera-t-il toujours le grand motivateur de cette équipe lors de la prochaine Coupe du monde? Il faudra d’abord passer par le processus de qualifications parce que non, le Canada n’aura pas son billet d’office en 2030 comme cette année en tant que coorganisateur. Ces qualifications vont s'ouvrir dès septembre 2027 pour la zone CONCACAF. Et attention, les États-Unis, le Mexique et des nations comme Curaçao et Haïti présentes en 2026 voudront encore goûter à la Coupe du monde.
À table ou au menu
Si le Canada s’améliore, le soccer des petites et moyennes nations s’épanouit également. Si le Cap-Vert peut rivaliser avec l’Espagne, et que l’Afrique du Sud tutoie la Tchéquie et la Corée du Sud, les Rouges doivent bien préparer la suite pour espérer poursuivre sa progression. Comme dirait Mark Carney, vous êtes mieux d’être à table, sinon, vous serez au menu.

Le Canadien Alphonso Davies effectue des tours de piste avec son préparateur physique lors d’une séance d’entraînement de l’équipe canadienne pour la Coupe du monde à Toronto, le mercredi 10 juin 2026.
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Mais où en seront les Alphonso Davies, qui n'a aperçu 15 minutes d’action contre l’Afrique du Sud en raison de sa blessure aux ischio-jambers, et Cyle Larin dans quatre ans? Jusqu’où le corps peut-il tenir? Maxime Crépeau et Richie Laryae peuvent-ils rêver à une autre Coupe du monde à la mi-trentaine alors que l’âge moyen d’un gardien était de 29 ans cette dans ce Mondial?
Impossible de le savoir. Crépeau, qui peut sortir fier de son parcours qui l’aura mené de Toronto à Houston, est passé tout droit dans la zone d’entrevues après la défaite contre le Maroc. Heureusement, il y a de la relève. Notamment des jeunes loups comme Luc de Fougerolles (20 ans) et Ismaël Koné (23 ans).
Chère, cette Coupe du monde
La FIFA doit aussi se poser quelques questions sur l’avenir de son tournoi.
À vouloir faire toujours plus grand, la Coupe du monde est éparpillée dans 16 villes réparties sur 4 fuseaux horaires et 3 pays. Pas facile de suivre la parade pour des grands partisans. Les amateurs européens l'ont décrié dès décembre. Les billets étaient hors de prix et les déplacements nombreux. En moyenne, l’amateur des Rouges aura assisté en personne à deux matchs dans deux villes différentes sur une possibilité de 5. Il aura dépensé entre 5000 $ et 15 000 $ pour encourager son équipe. Très cher pour assouvir sa passion.
Pendant que la FIFA a promis des retombées économiques faramineuses aux villes organisatrices, le centre-ville de Houston est déjà vide quelques heures après le dernier match du Canada. Les hôteliers, chauffeurs de taxi, restaurateurs nous l’ont dit, cette Coupe du monde n’a pas été la manne espérée. Compte tenu du prix exorbitant de tout, les amateurs sont arrivés le matin des matchs et sont vite repartis le lendemain.
Et finalement, pourquoi monopoliser 16 comités organisateurs, des milliers de bénévoles aux 4 coins du continent si on finit par ne présenter qu’un match par 4 ou 5 jours en moyenne dans leur stade? Est- ce qu'on aurait pu sélectionner 8 villes, mais mieux rentabiliser l’utilisation des stades et des ressources humaines en place? La FIFA devra éventuellement trouver un équilibre entre son appétit pour l’argent, et celui des amateurs pour le ballon rond.


3 weeks ago
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