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La situation actuelle des Paralympiques « ne peut perdurer », selon Andrew Parsons

1 week ago 20

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Le président du Comité international paralympique (CIP), Andrew Parsons, avait déjà ouvert la porte à la conclusion des Jeux de Milan-Cortina, en mars dernier, mais il a été encore plus tranchant dans ses propos, de passage à Montréal. « L’organisation actuelle des Jeux paralympiques doit changer, il en va de la sécurité des athlètes et de la qualité des infrastructures », dit-il.

La piètre qualité de la neige a été le thème principal du dernier rendez-vous paralympique, avec des conditions printanières qui ont frustré de nombreux skieurs et planchistes. Cette réalité n’est toutefois pas nouvelle, rappelle Andrew Parsons. Les Paralympiques se tenant toujours deux semaines après les Olympiques, les températures plus chaudes sont fréquentes.

Nous l'avons constaté à Milan-Cortina, comme à Pyeongchang, par exemple, où le thermomètre a atteint 26 °C un jour sur le site alpin. Évidemment, cela nuit à la qualité de la neige. On fait alors face à des problèmes de qualité de compétition et de sécurité, ce qui n'est évidemment pas une bonne chose pour les athlètes. Des discussions sont donc en cours à ce sujet, a-t-il indiqué en entrevue avec Radio-Canada Sports.

Les solutions ne sont pas nombreuses, mentionne celui qui était de passage à Montréal sur invitation du Comité paralympique canadien. La solution pour les Jeux paralympiques d'hiver ne pourra pas être trouvée de manière isolée. Elle devra impérativement se faire en partenariat avec les Jeux olympiques d'hiver.

Si l'on souhaite déplacer les Jeux en dehors du mois de mars, nous n'avons que deux options : janvier ou février.

Les Jeux paralympiques et olympiques d’hiver pourraient donc être tous deux devancés d’une semaine ou deux, un effet domino qui bouleverserait aussi le calendrier des fédérations sportives, elles-mêmes aux prises avec leurs différents impératifs saisonniers.

Ou encore, les Jeux paralympiques pourraient se tenir avant, en prélude olympique. Mais Andrew Parsons ne souhaite pas s’avancer pour l’instant.

Je pense qu'il est trop tôt pour spéculer là-dessus. Nous faisons partie de discussions plus vastes qui touchent les deux mouvements, donc il est prématuré de faire des conjectures. Toutefois, le changement est nécessaire, et nous devrons trouver une solution commune pour les deux événements.

Il répond aux questions d'un journaliste.

Andrew Parsons est le président du Comité international paralympique depuis 2017.

Photo : Radio-Canada

Avec les prochaines éditions hivernales prévues dans les Alpes en 2030 et à Salt Lake City en 2034, deux destinations au climat plus froid, les organisateurs espèrent bénéficier d'un certain répit. Mais la situation est pressante, insiste Andrew Parsons.

Une étude de l'Université de Waterloo publiée en janvier indique que 22 emplacements seraient toujours aptes à recevoir les Jeux paralympiques en 2050, si le réchauffement climatique se poursuit à ce rythme.

Un seul événement?

Le skieur Alexis Guimond fait partie des athlètes qui ont critiqué la qualité de glisse à Milan-Cortina. Rencontré à Montréal lors de la remise d’un prix, ce printemps, le vice-champion du monde en slalom géant évoque son souhait le plus fou, comme solution : un événement unifié, qui regroupe olympiens et paralympiens.

Les athlètes olympiques et paralympiques travaillent aussi fort l’un l’autre. Ils pratiquent en quelque sorte le même métier. Il y a des questions logistiques. Mais je pense que d’organiser un événement sur plusieurs semaines, avec des compétitions olympiques et paralympiques, ce serait mieux que le format actuel, entrecoupé de cérémonies de clôture et d’ouverture, plaide-t-il.

Les Jeux du Commonwealth, qui débutent aujourd'hui, sont un exemple. La compétition regroupe sous un même tableau les athlètes handicapés et non handicapés.

Je pense qu'il y a du bon dans cette formule, admet Andrew Parsons. Prenons l'exemple de Birmingham (en 2022). Je me souviens avoir passé un après-midi à regarder le basketball trois contre trois. J'ai vu quatre épreuves consécutives : debout hommes, debout femmes, fauteuil roulant hommes, fauteuil roulant femmes. La façon dont les spectateurs réagissaient au sport était exactement la même : ils comprenaient le jeu, l'encourageaient et s'impliquaient. C'est extrêmement positif.

Deux équipes s'affrontent lors d'un match de basketball en fauteuil roulant, devant une tribune pleine, à l'extérieur.

La présence d'athlètes handicapés et non handicapés offre un spectacle varié aux Jeux du Commonwealth.

Photo : Reuters / STOYAN NENOV

Les prochains Jeux du Commonwealth regrouperont uniquement 74 nations, loin des 170 pays aux Jeux de Paris, par exemple.

Idéalement, il faudrait un événement majeur unique où tout le monde serait réuni. Je pense aussi aux athlètes des Olympiques spéciaux, qui sont aussi à part, souligne Éric Monnin, directeur du Centre d'études et de recherches olympiques universitaires (CEROU) à l'Université de Franche-Comté. Mais nous sommes ici un peu dans l'utopie.

Il évoque l’exemple des Jeux de Paris, où il était ambassadeur de l'événement. Il y avait 329 épreuves aux Olympiques, et 549 aux Paralympiques. Pour bien accueillir tous ces athlètes, il fallait beaucoup de volontaires, une approche personnalisée, souvent selon les besoins. Il y a la question des infrastructures, qui sont parfois différentes, si ce sont des compétitions pour valides ou invalides.

Éric Monnin plaide néanmoins pour une meilleure mutualisation des grands événements sportifs, à la fois pour le message d’universalité, et pour une question d’économie d’échelle. Plutôt que de fonctionner en silos où chacun reste à sa place, avec le CIO d'un côté, l'IPC de l'autre et les Olympiques spéciaux encore à part, nous devons trouver une façon d’unir davantage nos forces.

Au-delà des contraintes logistiques, Andrew Parsons évoque une autre raison pour maintenir les Jeux paralympiques à part. Les Jeux paralympiques sont le seul événement d'impact mondial qui place les personnes en situation de handicap sur le devant de la scène. Vous ne retrouvez pas cette visibilité à cette échelle dans l'art, l'éducation ou la politique. Les Paralympiques ne sont pas seulement une vitrine, ils permettent aussi de faire avancer des dossiers qui dépassent le cadre strictement sportif.

Nous sommes convaincus que les Jeux paralympiques ont encore besoin d'exister en tant qu'événement distinct. Qui sait de quoi l'avenir sera fait, mais, pour l'instant, fusionner les deux événements représenterait non seulement un immense défi logistique, mais cela risquerait surtout de diluer une plateforme essentielle pour 1,3 milliard de personnes dans le monde. Nous sommes encore loin de vivre dans un monde et des sociétés pleinement inclusives. Il demeure donc primordial que les Jeux paralympiques conservent leur autonomie.

Cela dit, lorsque le parasport est intégré à d'autres compétitions, comme les Jeux du Commonwealth, il y a indéniablement une vraie valeur ajoutée, conclut-il.

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