PROTECT YOUR DNA WITH QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe sport motorisé est un monde exclusif. C’est un monde où les connexions peuvent faire foi de tout dans une carrière, que ce soit comme pilote ou comme membre du personnel d’une équipe. C’est d’autant plus difficile de s’y faire une place pour les femmes.
Anne Roy en sait quelque chose. Elle a été intronisée au Temple de la renommée du sport motorisé canadien, après plus de 25 ans de métier dans le domaine. Elle a d’abord été journaliste à RDS avant d’œuvrer dans les communications pour des équipes d’IndyCar, mais aussi pour l’organisation d'événements phares, comme les Grands Prix du Canada et de Trois-Rivières et l’Indy de Toronto.
C’est pourquoi elle a décidé d’organiser une visite du paddock de la F1 Academy à 50 étudiantes en génie, pour leur permettre de voir de près ce que c’est de travailler en sport mécanique.
Son initiative porte le slogan de Break the Ashphalt Ceiling, qu’on pourrait traduire par briser le plafond de bitume.
Quand j'ai commencé ma carrière en course automobile, moi, on m'a lancé dans ce domaine-là, je ne connaissais absolument rien en course automobile, a-t-elle raconté au lendemain de la visite. Et ce n'était pas évident. Je ne veux pas être méchante, mais on se faisait brasser un peu, puis on ne nous prenait pas au sérieux.
Roy a choisi 50 étudiantes, principalement de Polytechnique, pour les raisons qu’on connaît, mais aussi du programme de management du sport à HEC Montréal, de McGill et de Concordia, de même que cinq élèves du secondaire qui ont participé à une course à Singapour avec leur propre écurie de course, ASAP Racing.
La visite s’est faite le jeudi, avant les premiers tours des voitures en piste.
Essayer d'arriver sur un site avec 50 étudiantes, ce n'est pas toujours évident, c'est un très gros groupe. Les garagistes ne veulent pas avoir plein de gens dans leur chemin et je comprends, a-t-elle lancé. Mais alors, on a fait bien attention de ne pas déranger personne dans leur travail.
Les heureuses élues ont eu droit à une séance de questions-réponses avec Autumn Fisher, la pilote canadienne invitée à participer au week-end de course à Montréal, en plus de pouvoir échanger avec les ingénieurs dans le paddock.
Qui dit sport automobile dit forcément pilotage, mais il était important, pour Roy, de mettre en valeur les autres rôles. Suzie Wolff en fait beaucoup pour les pilotes, mais un événement de course, ça ne se fait pas tout seul. Il y a des gens dans les opérations de l’équipe, la gestion de la course, le côté médical, etc.
Le clou du spectacle, pour son groupe : une rencontre avec Bernie Collins, ex-ingénieure chez Aston Martin responsable de la stratégie, désormais commentatrice pour le réseau Sky Sports.
On est allé à côté du bassin à la fin de notre visite avec F1 Academy et on a trouvé un endroit paisible, a raconté Anne Roy. Et là, j'avais 50 filles qui ne finissaient plus de lui poser des questions! Les filles ont toutes fait leur recherche. Elles connaissaient sa vie, sa carrière et les questions qui sortaient, c'était incroyable.
Et Collins était vraiment impressionnée par le groupe. Et elle devait passer 5 à 10 minutes, puis je pense qu'elle a été là pendant 25 minutes. Incroyable. C'est quand même une top qui a pris tout ce temps-là pour les filles et pour moi, ça a été le fait saillant de notre journée.

Grâce à l'initiative d'Anne Roy, les étudiantes en génie ont pu rencontrer et discuter avec Bernie Collins.
Photo : Courtoisie / Anne Roy Motorsport Equity Initiative
C’est une consécration pour Anne Roy, qui a mis du temps avant de se trouver à sa place dans le monde du sport automobile.
Ça a pris du temps avant que je puisse me prouver que les gars se rendent compte que "wow, elle a fait un bon travail". Mais une fois qu'on t'accepte, puis qu'on se rend compte que tu es vraiment là pour travailler et que tu fais un excellent travail, à ce moment-là, tu vas chercher le respect de tout le monde. Et je dois dire que maintenant, dans le monde de la course, j'ai vraiment le respect des gens. C'est le plus beau cadeau vraiment, là. Mais c'est de l'ouvrage.
Ça fait des années que je me dis qu'il faut faut ouvrir les portes, qu'il faut briser les barrières et qu'il faut surtout briser l'impression qu'ont ces gars-là des filles. On ne s'en va pas là chercher un chum, un mari. On s'en va là, on veut travailler puis on est capable de faire le travail.
Anne Roy a récemment organisé une autre visite, lors d’une course NASCAR au circuit de Mosport, en Ontario, où s’est déroulé le premier Grand Prix du Canada. Elle a pu voir que, lentement, les mentalités changent par rapport aux femmes dans le sport automobile.
Le grand patron de NASCAR Canada, Alan Labrosse, donnait une allocution, a-t-elle raconté. Quand on lui a demandé ce qu’il pensait des femmes qui commencent à rentrer dans le milieu de la course, il a dit qu’il était à peu près temps, parce que les femmes font un bien meilleur travail que les gars. Toutes les filles ont applaudi quand il a dit ça!
Alan me disait souvent : "Quand je mets une femme dans un rôle, je suis sûr, je n'ai même pas besoin de vérifier. Je sais qu'elle va faire son travail." Peut-être parce qu'on sait qu’on n'a pas le choix que de travailler à 150 % dans le monde d'hommes. Sinon, on ne sera pas respectée. Parce que nous, on est obligées de travailler 10 fois plus tard, plus fort. À un moment donné, peut-être que ça va devenir plus équitable, j'espère.
D’ici là, Anne Roy continuera de faire visiter le paddock à de jeunes passionnées, avec notamment des visites prévues au Grand Prix de Trois-Rivières et à la course d’IndyCar à Toronto, plus tard cet été.

Grâce à Anne Roy (première rangée, cinquième de la gauche), les étudiantes en génie ont pu échanger avec Bernie Collins (sixième de la gauche, première rangée).
Photo : Courtoisie / Anne Roy Motorsport Equity Initiative


2 weeks ago
16














English (US) ·
French (CA) ·